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mardi 2 novembre 2010

Bagnères-de-Luchon. Le climat plus chaud menace la végétation


Publié le 29/10/2010 03:50 Propos recueillis par V.B.
Bagnères-de-Luchon. Le climat plus chaud menace la végétation
pyrénées
Martin Malvy a pu découvrir les projets Poctefa avant de dresser le bilan de sa première année à la tête de la commission de travail des Pyrénées. Il souhaite aujourd'hui préparer l'étape 2013-2020./Photo DDM.
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À l'occasion du 28e conseil plénier de la communauté de travail des Pyrénées, le président en exercice, Martin Malvy, a visité le forum consacré aux projets Poctefa. Des initiatives menées par des associations ou des collectivités, des deux côtés de la frontière. Le président de la région a ensuite présenté les premiers résultats de l'observatoire des changements climatiques ainsi que l'opération « 2011 : année des Pyrénées ».
Quelles sont les premières indications de cet observatoire ?
Le président du conseil scientifique, Jean-Louis Étienne, présentera le premier bilan, en février prochain. Mais nous savons déjà que le massif des Pyrénées a subi un réchauffement de 1° de 1900 à 2000. Nous avons aussi confirmation par l'INRA des remontées régulières de certaines espèces végétales, de 3 mètres par an. Nous avons aussi constaté la diminution de 85 % de la superficie des glaciers sur le massif. Toutes ces données font apparaître le caractère vulnérable des Pyrénées.
À quoi cela va-t-il vous servir ?
Le conseil scientifique comprend 21 membres, nous n'avons pas créé cet observatoire uniquement pour recueillir des données. Nous voulions avoir une lecture de l'évolution climatique. Si nous ne faisons rien, si le réchauffement atteint les 2 °, il faut s'attendre à un mois d'enneigement en moins en moyenne montagne. Nous risquerions de perdre 60 % des espèces végétales et 4 % à 12 % de pertes de production pour la forêt pyrénéenne et son piémont. Cet observatoire nous montre que nous sommes dans un temps nouveau, ce qui ne sera pas sans conséquence sur le massif, sa vie économique et touristique. En partageant notre savoir, nous pourrons adapter nos politiques.
2011 sera une année crutiale pour les Pyrénées ?
Nous avons voulu développer l'image des Pyrénées en France, en Espagne et en Europe, dans le milieu touristique et économique. De nombreuses actions vont être organisées tout le long de la chaîne et un plan média a été mis en place.

Pyrénées, terre d'avenir?



Publié le 29/10/2010 08:18 Jérôme Schrepf et Serge Bardy
Pyrénées, terre d'avenir?
développement
C'est l'explorateur Jean-Louis Etienne qui préside l'Observatoire pyrénéen du changement climatique./Photo DDM, Nathalie Saint-Affre
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Luchon accueillait hier la Communauté de travail des Pyrénées, structure transfrontalière regroupant quatre régions françaises, trois espagnoles et Andorre. Objectif de cette coopération : protéger et développer le massif.
S'il faut reconnaître un mérite à Martin Malvy, assumant la présidence tournante de la Communauté de travail des Pyrénées (CTP) (1), c'est sans doute celui d'avoir dépoussiérer la CTP. Créé en 1983, elle est longtemps demeurée une assemblée confidentielle servant à distribuer les fonds européens. Transformée depuis 5 ans en Consortio, entité juridique espagnole opérationnelle depuis l'an dernier permettant la gestion directe de ces fonds européens, la CTP a changé de braquet. Elle gère en direct 160 millions d'euros de fonds européens alloués à un catalogue de 95 projets transfrontaliers qui pèsent au final quelque 300 millions d'euros. De projets très divers allant de la promotion de la viande bovine, à la coopération entre forces de gendarmeries, en passant par la mise en commun d'outils de gestion forestière, la construction d'hôpital, le percement de tunnel, la synergie aéronautique ou encore la recherche génétique. Chacun de ces projets impliquant au moins deux régions de chaque côté de la frontière. « Ma volonté c'est que la CTP devienne une vraie structure de développement, une sorte de Pyrénées avenir », confiait hier Martin Malvy. « C'est dans cette logique que nous lançons l'opération 2011, année des Pyrénées, pour développer l'image et la notoriété des Pyrénées en France, en Espagne mais aussi en Europe. Un espace Pyrénées sera présent au salon du tourisme de Londres en novembre 2011. »
L'autre outil symbole de la présidence Malvy c'est le fameux Observatoire du changement climatique (lire ci-contre). « Ses résultats vont nous servir à bâtir un programme politique basé sur le développement durable. Nous demanderons à l'Europe de nous aider à financer des projets pour la période 2013-2020, que ce soit dans le domaine de la formation, de l'artisanat ou encore des transports. L'Europe va se tourner de plus en plus vers de grandes entités géographiques comme l'Atlantique ou la Méditerranée. Il faut que les Pyrénées soient un trait d'union entre ces deux grands axes. La Communauté de travail des Pyrénées doit jouer ce rôle-là. Y compris dans des dossiers aussi sensibles et cruciaux que les lignes à grande vitesse, la traversée des Pyrénées ou les dessertes aériennes. »
Un avis unanimement partagé par les représentants des régions siégeant à la CTP, dont le secrétaire général de l'action extérieure du Pays Basque, Guillermo Echenique : « Nous sommes à un moment historique. Si les Pyrénées veulent exister entre mer et océan, notre alliance doit maintenant définir une véritable stratégie à tous les niveaux. » Le plus dur commence.
Jérôme Schrepf
(1) La CTP est composée de quatre régions espagnoles (Pays Basque, Navarre, Aragon, Catalogne), de l'Andorre et de trois régions françaises (Aquitaine, Midi-Pyrénées et Langedoc-Roussillon).
réchauffement climatique
«25% de perte pour les stations en 2025»
Composé de chercheurs (climatologues, géographes, botanistes, etc.) et chargé de mutualiser les connaissances existantes sur les impacts du changement climatique, d'analyser les données (181 études ont été répertoriées), de diffuser les infos et de faire des recommandations, l'Observatoire après 9 mois d'existence seulement a déjà accouché de quelques chiffres pas vraiment encourageants. Concrètement, les prédictions de hausse de température moyenne de 2 °C signifieraient, par exemple, à l'horizon 2025 (dans 15 ans !), un quart de chiffre d'affaire en moins pour les stations de ski de moyenne montagne : on perdrait en effet entre 30 et 49 jours d'enneigement par an, surtout sur la partie centrale et orientale espagnole. Au même horizon de 15 ans, il faudrait s'attendre à une baisse de 11 % des débits d'étiage (le débit moyen le plus bas d'un cours d'eau), sur l'ensemble du bassin Adour-Garonne. Avec en parallèle une augmentation des besoins en irrigation de certaines cultures de l'ordre de 10 %, et plus vraisemblablement 20 % pour le maïs.
« Nous avons ouvert la porte du frigo »
À tous les étages, les statistiques sont édifiantes. Depuis 1850, c'est 85 % des glaciers pyrénéens qui ont disparu. Météo France indique que la température moyenne s'est réchauffée d'1,1 °C sur la chaîne au cours du XXe siècle. L'INRA montre de son côté la remontée des espèces végétales de 3 mètres par an : en 20 ans, entre 1973 et 1993, on a mesuré une remontée de plus de 64 mètres pour les espèces forestières. L'agence européenne de l'environnement estime, elle, par exemple, que si rien n'est fait pour changer la donne, 60 % des espèces végétales montagnardes sont menacées d'extinction d'ici la fin du XXIe siècle.
L'Observatoire Pyrénées du changement climatique rendra son premier rapport en février, présenté par son président, Jean-Louis Étienne : « Nous avons ouvert la porte du frigo et le froid polaire va progressivement manquer pour compenser la chaleur tropicale », estime ainsi l'explorateur tarnais.
J.Sch.
témoin : Michel Pélieu, premier vice-président du conseil général des Hautes-Pyrénées
«L'union fait la force»
Quels sont, selon vous, les enjeux qui préfigurent l'avenir de la chaîne pyrénéenne ?
Tout ce qui favorise le rapprochement des versants espagnols et français des Pyrénées me paraît constituer un des enjeux essentiels de l'avenir du massif. Bien sûr, le tourisme, le pastoralisme, l'élevage, l'entretien de l'espace.. bref, ce qui fait l'attrait des Pyrénées doit être maintenu et développé, mais il faut s'appuyer sur cette coopération transfrontalière.
Vous évoquez une coopération transfrontalière à l'échelle européenne ? Pour quelles raisons ?
Je vais vous citer un exemple : à l'époque, le tunnel d'Aragnouet-Bielsa et ses accès étaient gérés pour une moitié par l'Aragon, l'autre moitié par le département des Hautes-Pyrénées. Cela ne marchait pas, ou mal. J'ai demandé que l'on crée un «consortio», une structure juridique entre les deux partenaires. Grâce à cela, nous avons mis en place un gestionnaire unique et pu bénéficier de crédits européens pour moderniser cet outil de désenclavement. Nous avons investi 17 millions d'euros, dont 65 % financés par des crédits Interreg 4. L'union fait la force. Je suggère d'ailleurs une coopération entre les versants français et espagnols, depuis l'Atlantique jusqu'à la Méditerranée, pour développer une campagne de notoriété qui soit de dimension européenne, voire mondiale. Il faut assurer la promotion du massif dans sa globalité, ses richesses, ses grands sites, son patrimoine. Il peut rivaliser avec d'autres.
Quels sont les écueils à éviter ?
Au moment où l'argent public devient rare, il faut investir dans ce qui créé de la valeur ajoutée. Attention à la dispersion, à la multiplication, à l'empilement des projets. Les dossiers doivent, me semble-t-il, favoriser la coopération transfrontalière, participer au désenclavement routier, être porteurs de réelles ambitions pour les Pyrénées.
Recueilli par Serge Bardy
Les Espagnols veulent franchir la montagne
Dans un contexte de crise ressentie encore plus fortement côté espagnol que côté français, les perspectives de développement économiques d'un territoire comme les Pyrénées sont considérées avec les yeux de Chimène par nos voisins de l'autre versant.
Pour Alberto Catalan, porte-parole du gouvernement de la Communauté autonome de Navarre qui prendra la présidence de la Communauté de travail des Pyrénées en novembre 2011, la question tombe sous le sens : « Pour nous, les Pyrénées sont fondamentaux, ils sont ancrés dans notre histoire. (Il sourit) Nous sommes Espagnols par accident ! Le problème, c'est qu'avec le temps les Pyrénées sont devenus imperméables. Notre travail au sein de la CTP c'est de rendre à nouveau la chaîne des Pyrénées perméable aux échanges commerciaux, aux moyens et aux voies de communication. Le but c'est bien sûr de permettre aux gens de travailler et de vivre ici ». Soucieuse de l'environnement la Navarre revendique 80 % de l'électricité consommée sur son territoire comme provenant d'énergies renouvelables. Elle est à la pointe des projets sur la dépollution des sols, la biomasse ou la valorisation des énergies renouvelables.
Si d'une à l'autre les préoccupations globales de développement économiques sont les mêmes, les particularismes jouent encore. Ainsi le représentant de l'Aragon, Javier Velasco-Rodriguez a-t-il insisté sur l'amélioration du réseau routier : « C'est très facile de passer par les Pyrénées-Orientales ou Atlantiques. C'est beaucoup plus compliqué de traverser le massif par le centre. Il faut très vite améliorer les routes reliant l'Aragon à Midi-Pyrénées. Préserver l'environnement c'est essentiel mais il faut également permettre à la population de rester vivre et travailler dans nos régions. »
J.Sch.
Le chiffre : 4 à 12
Pour cent> De pertes de production pour la forêt. Selon les modèles climatiques, l'augmentation de la température et du déficit pluviométrique d'ici à 2025 entraînerait un baisse des productions de bois de l'ordre de 12%, plus modérée en hautes altitudes.
« L'Observatoire du développement durable va nous servir à bâtir un programme basé sur le développement durable ». Martin Malvy, président de la Communauté de travail des Pyrénées



Lannemezan. L'expertise des seniors


Publié le 29/10/2010 11:28 Christian Sarrabayrouse.
Lannemezan. L'expertise des seniors valorisée
entreprise
L'association Ecti propose à des seniors d'apporter leur concours aux entreprises et administrations./Photo C.S.
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L'association Ecti recherche des retraités et préretraités pour apporter leurs expériences en matière de développement économique. Plusieurs missions existent.
Vous êtes retraité ou préretraité. Vous avez envie de mettre votre expertise et votre expérience au service des autres. L'association Ecti (Échanges et conseils techniques internationaux) recherche des seniors bénévoles pour participer au développement économique des régions en intervenant auprès des entreprises, PME, organismes économiques, administrations ou collectivités. Toutes les compétences sont les bienvenues. Les adhérents d'Ecti (3.000 en France, une centaine en Midi-Pyrénées) sont pour la plupart d'anciens cadres d'entreprises, d'administrations ou de collectivités, retraités ou préretraités. Les missions réalisées par les adhérents d'Ecti sont variées. Il s'agit de l'expertise technique souvent pointue auprès de PME ou de start-up de pépinières d'entreprises, mais aussi de l'accompagnement et parrainage de créateurs d'entreprises.
Ecti a également passé un accord de partenariat avec le rectorat Midi-Pyrénées pour assister les lycées dans la recherche de stages pour les classes de bac pro ou BTS. Ecti aide aussi à l'accompagnement et à la formation de jeunes créateurs de très petites entreprises en phase de réinsertion. Ecti intervient également auprès des communes pour les aider à réaliser des diagnostics d'accessibilité aux handicapés dans les bâtiments publics.
Depuis deux ans, Ecti travaille en étroite collaboration avec la ville de Lannemezan dans le cadre d'une assistance aux services. Un diagnostic de l'ensemble des bâtiments publics a été réalisé. Pour chaque structure, une liste des problèmes d'accessibilité a été dressée. « On ne se substitue pas à la mairie. On ne préconise pas de solutions mais on effectue un constat des défauts et manques », explique Bernard Coquil, le délégué régional Ecti Midi-Pyrénées. Un expert de l'association va maintenant être dépêché pour aider la mairie dans le déploiement du photovoltaïque.
L'expertise et les compétences de seniors sont mises à disposition bénévolement, mais une participation aux frais de l'association est demandée.
Renseignements complémentaires au 06.63.51.28.69.