mercredi 28 septembre 2011

Les candidats à la primaire PS sortent renforcés, mais rien n'est joué pour 2012



Les candidats à la primaire PS sortent renforcés, mais rien n'est joué pour 2012



François Hollande, candidat à la primaire socialiste, arrive au Sénat, le 25 septembre 2011 Miguel Medina AFPPartager
Les candidats à la primaire socialiste sortent renforcés "collectivement" de la victoire dimanche de la gauche au Sénat, constatent des politologues, qui relèvent une "dynamique" pour l'élection présidentielle, mais mettent en garde contre tout "triomphalisme".

Comment interpréter la victoire de la gauche : simple résultat mécanique des élections intermédiaires depuis 2008, comme le souligne la droite ? "Défaite" personnelle de Nicolas Sarkozy, comme l'affirment les socialistes ?

Voire davantage : est-ce le "premier acte de la reconquête pour la gauche" avant 2012 (Harlem Désir, premier secrétaire par intérim) ou un signe "prémonitoire" (François Hollande) ?

"La conséquence principale" du basculement à gauche de la Haute assemblée est d'abord "collective", affirme à l'AFP Gaël Sliman (BVA) : "ça crée une dynamique positive pour le PS globalement et une dynamique très négative pour Nicolas Sarkozy".

Cette victoire "nous donne surtout des responsabilités", car "les attentes seront nombreuses vis-à-vis de cette majorité de gauche", a estimé lundi Benoît Hamon, porte-parole du PS.

A treize jours du premier tour de la primaire socialiste, et à deux jours d'un nouveau débat télévisé entre les six candidats, cela peut "renforcer l'engouement pour la participation" à ce scrutin, explique M. Sliman.

Le politologue estime par ailleurs que Martine Aubry et François Hollande, les deux favoris, apparaissent comme "les plus renforcés, parce que l'un et l'autre peuvent mettre cette victoire à leur crédit".

Pour lui, la maire de Lille, en congé de ses fonctions de Première secrétaire, a toujours "l'image de la patronne du PS, qui a remis le PS en ordre de bataille et a permis de remporter la quasi-totalité des élections intermédiaires (cantonales et régionales)".

Le député de Corrèze, pour sa part, peut faire "valoir l'argument du succès des municipales en 2008 alors qu'il était encore premier secrétaire du parti", poursuit-il.

Michel Sapin, un proche de Hollande, relève que ce dernier a "accompagné pendant plus d'un an les sénateurs autour de l'idée de la conquête possible du Sénat" et a fait en sorte que le non-cumul des mandats (voté par les militants et défendu par Martine Aubry) ne s'applique pas immédiatement.

M. Hollande, s'il se défendait dimanche soir de faire tout "lien" entre cette victoire et la primaire, n'en a pas moins le soutien d'une majorité de sénateurs socialistes, dont celui de Jean-Pierre Bel, leur chef de file, qui brigue la présidence samedi prochain. La Haute assemblée compte en outre une nouvelle sénatrice proche de lui, Frédérique Espagnac, élue dimanche dans les Pyrénées-Atlantiques.

Martine Aubry ne semble pas vouloir créer la division : lundi, elle a appelé les socialistes à "jouer collectif" pour la présidence du Sénat en votant pour Jean-Pierre Bel. La sénatrice Catherine Tasca, un de ses soutiens, a annoncé qu'elle présenterait sa candidature, mais se soumettrait à la décision du groupe.

Quoi qu'il en soit, Stéphane Rozès, président de Cap (Conseil, analyse, et perspective) met en garde : il ne faudrait pas "se prêter à tout triomphalisme", car avant 2002 et 2007, la gauche avait "progressé au plan local", mais avait "échoué à la présidentielle".

"Les socialistes sont prompts à confondre les enjeux des élections locales et ce qui fait une présidentielle", explique-t-il. "Avant même que la présidentielle ne commence, ils ne peuvent faire l'économie d'une double démonstration: 1 / qu'ils ont un candidat qui incarne le pays et 2/ que ce candidat peut sortir le pays de sa crise sans renoncer au modèle social et républicain".

Sénatoriales : la gauche gagne trois sièges dans le Grand Sud

Sénatoriales : la gauche gagne trois sièges dans le Grand Sud

La poussée de la gauche s'est également traduite concrètement dans le Grand Sud. État des Lieux.

Hautes-Pyrénées .

Un 2e tour pour Josette Durrieu. Dans un département bien ancré à gauche, les deux sièges octroyés aux Hautes-Pyrénées s'enlèvent traditionnellement au premier tour. C'est ce qu'il est advenu pour le sénateur sortant, François Fortassin (PRG), réélu hier matin dès le premier tour. Mais pour celle qui lui a succédé à la présidence du conseil général, la socialiste Josette Durrieu, la réélection a été un peu plus difficile. Elle a été mise en ballottage par le maire de Tarbes, Gérard Trémège (UMP), qui la talonnait alors d'une cinquantaine de voix. Il a fallu recourir à un deuxième tour ainsi qu'à l'aide des radicaux qui ont appelé leurs élus au nécessaire rassemblement pour que Josette Durrieu soit finalement réélue avec quelque 58 % des suffrages.

Lot-et-Garonne.

La droite perd un siège. Pierre Camani (PS) et Henri Tandonnet (Union centriste) sont les deux nouveaux sénateurs du Lot-et-Garonne. Ils succèdent à Daniel Soulages (Union centriste) et Jean François-Poncet (UMP) qui ne se représentaient pas. Le premier est élu avec 493 voix, le second avec 492 voix. La faiblesse de l'écart en dit long sur l'épisode politique historique qui s'est joué hier dans le Lot-et-Garonne. Depuis 2008, la gauche ne cesse de gagner du terrain politique dans un département longtemps tenu par la droite et le centre, qui résiste beaucoup mieux que l'UMP dont le candidat Alain Merly a fini hier en troisième position.

Lot.

Un scrutin sans surprise . L'élection sénatoriale dans le Lot ne présentait pas de suspense. Un seul tour a suffi. Le ticket PS-PRG a fonctionné à plein. Gérard Miquel, sénateur (PS) sortant, obtient 68,23 % (423 voix) des voix, juste devant le conseiller général (PRG) de Martel, Jean-Claude Requier, qui réalise 64,35 % (399 voix). Le front de gauche (plus de 15 %) devance la candidate UMP qui s'effondre.

Pyrénées -Orientales.

La gauche emporte un siège. Les sénatoriales catalanes ont tenu toutes leurs promesses en matière de suspense. La majorité présidentielle qui détenait les deux sièges en a perdu un dans un climat d'extrême crispation. Au premier tour, Christian Bourquin, président de la Région (DVG, exclu du PS) l'a emporté largement : 580 voix (503 pour l'UMP Calvet et seulement 470 pour le sortant Alduy du Parti Radical valoisien). Mais quand il a été question des arrangements politiques pour le second tour, le sénateur sortant Jean-Paul Alduy a refusé de se retirer au profit du candidat UMP, au risque de faire élire un deuxième sénateur de gauche. Et les coups de téléphone lancés de Paris, voire de l'Élysée, n'ont pas réussi à le faire changer d'avis. C'est donc François Calvet qui a été élu sénateur au second tour avec 463 voix. « Je réalise un score bien au-delà du périmètre habituel de la gauche car 75 % des élus sont de droite ou de centre-droit. Je porterai la parole de la République des maires. Aujourd'hui, avec ce résultat, le Sud, le Languedoc-Roussillon, se place au cœur de la politique française. La boussole indique clairement le Sud. Il faut que Paris tienne compte de ce nouveau paramètre » a lancé Christian Bourquin qui est toujours exclu du Parti socialiste mais qui siégera au Sénat dans le groupe PS.

Pyrénées -Atlantiques

L'UMP perdante. Le parti de la majorité est le grand perdant dans ce département. Le PS compte maintenant deux sénateurs, Frédérique Espagnac et Georges Labazée, le MoDem garde un siège, remporté par Jean-Jacques Lasserre.

Fortassin, puis Durrieu, réélus



Fortassin, puis Durrieu, réélus
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Josette Durrieu remercie les grands électeurs pour avoir pu rejoindre au Sénat François Fortassin, élu dès le premier tour. /Photo Rachel Barranco. Partager
Le radical François Fortassin et la socialiste Josette Durrieu ont retrouvé leur siège de sénateur. Le premier, dès le premier tour, la seconde, après un duel face au maire de Tarbes Gérard Trémège.

Rarement avait-on vu autant d'animation, un dimanche midi, dans les restaurants tarbais ! Non seulement parce que la plupart sacrifient d'ordinaire à la fermeture dominicale mais encore parce que s'y jouait l'entre-deux tours de la consultation sénatoriale…

Habituellement, dans un département si fortement ancré à gauche, l'affaire est entendue dès le premier tour. Ce fut le cas lors du précédent renouvellement, quand les deux candidats de droite avaient à peine récolté 200 voix et que l'alors président du conseil général, François Fortassin, et sa future successeur, Josette Durrieu, furent propulsés à la Chambre haute avant le déjeuner.

Ce fut encore le cas, hier, mais pour le seul François Fortassin qui, avec 445 voix dès le premier tour, passa la barre fatidique des 426 votants, soit la moitié plus un des grands électeurs inscrits (851). Alors que celle qui avait été sa colistière la fois d'avant, mais ne l'était plus après les « fâcheries » cantonales, ne recueillait que 362 voix et était mise en ballottage par le maire de Tarbes, Gérard Trémège, distancé à peine de 48 voix (314). Il fallait donc procéder à un deuxième tour, duquel se retiraient normalement les battus (Gasquet, FDG, 122 voix ; Govillot, FDG, 93 voix ; Lidar, SE, 57 voix ; Clément-Bollée, EELV, 36 voix), à l'exception du représentant du FN, pourtant crédité de 11 voix seulement.

Aussitôt, les états majors se mettaient à l'étude des « couples », constatant notamment que les Fortassin-Trémège avaient séduit quelque 149 grands électeurs. D'où venaient-ils ?

Pour tenter d'y répondre, socialistes et radicaux organisaient une rencontre d'où sortit un communiqué du président départemental du PRG, Claude Gaits, appelant ses sympathisants à un vote en faveur de la socialiste Josette Durrieu.

C'est ce communiqué qu'Alain Piaser, premier secrétaire de la fédération des H.-P. du Parti socialiste, et l'ancien fédéral Jean-Claude Palmade se chargèrent de faire circuler le plus largement possible entre la poire et le fromage ; tandis que Gérard Trémège faisait le tour des restaurants et des tables pour plaider sa cause avec humour : « Le TPR a perdu hier soir, faites en sorte, en votant pour moi, que la Bigorre gagne aujourd'hui ! »

Mais la discipline républicaine joua à plein à gauche puisque Josette Durrieu récupéra 112 voix pour être finalement élue avec 474 voix (58 %), tandis que Gérard Trémège, sans illusion après l'appel radical, ne progressait que de 23 voix (337) au deuxième tour. Le tandem sénatorial Fortassin-Durrieu était-il ainsi reconstitué, dans la douleur certes, dans la suspicion sans doute, mais au moins les Hautes-Pyrénées n'avaient-elles pas déparé dans l'objectif national de conquête du Sénat par la gauche.


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Fortassin Plantes vivaces…
Manifestement ému, quelque peu fatigué et gêné par une rage de dent, François Fortassin n'en gardait pas moins son esprit : « Je veux dire, avec Michel Pélieu, notre joie d'avoir été élus au premier tour. Si certains nous voyaient morts de manière un peu prématurée, ils ont pu vérifier qu'il y avait des plantes vivaces qui résistent à la sécheresse ! »

Basculement historique à gauche



Basculement historique à gauche
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La gauche a remporté dimanche une victoire historique aux élections sénatoriales en faisant basculer la deuxième chambre du Parlement dans son camp, pour la première fois de la Ve République, provoquant un bouleversement politique à sept mois de la présidentielle.

«Pour la première fois, le Sénat connaît l'alternance», a déclaré, très ému, le patron des sénateurs PS, Jean-Pierre Bel. Alors que tous les résultats n'étaient pas encore parvenus, il a annoncé que la gauche avait déjà «175 sénateurs, c'est-à-dire au-delà de la majorité absolue». «Le changement est en marche», a-t-il ajouté. François Hollande, candidat à la primaire PS, en tête dans les sondages, y a vu «une décomposition du système Sarkozy», «prémonitoire» pour 2012. Au fur et à mesure de la journée, des résultats sévères pour la majorité sont tombés. Le ministre de la Ville, Maurice Leroy, battu; un 8e siège gagné par la gauche à Paris où l'UMP ne détient plus que deux sénateurs; un gain d'un siège pour la gauche dans le propre département du président UMP du Sénat Gérard Larcher; Loiret, Isère, Nord, Pas-de-Calais, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Oise, Manche, Pyrénées-Orientales... La liste des départements où la gauche a progressé s'est allongée, marquant une très forte poussée pour l'opposition. «Plus que 2 sénateurs UMP à Paris, c'est une défaite historique et politique», a triomphé Anne Hidalgo, 1e adjointe PS au maire de Paris, Bertrand Delanoë. Pierre Charon, suspendu de l'UMP pour dissidence et malgré tout élu, a fait une arrivée triomphale au Sénat. La réélection dès le premier tour dans le Loiret, département traditionnellement à droite, du sénateur sortant Jean-Pierre Sueur et celle, dans le Morbihan, de la sortante Odette Herviaux, également PS, avait donné le signal de cette victoire dès la mi-journée. Dans la foulée, la victoire dans les Pyrénées-Orientales du président du conseil régional de Languedoc-Roussillon, le «frêchiste» Christian Bourquin, confirmait la tendance. Il s'agit d' «une progression historique pour la gauche et une sanction incontestable pour l'UMP», a déclaré le premier secrétaire du PS par intérim, Harlem Désir, arrivé au Sénat peu après la candidate à la primaire PS Martine Aubry et celle de François Hollande. Cette victoire est particulièrement favorable pour ce dernier, une grande majorité de sénateurs PS s'étant prononcés en faveur du député de Corrèze. A sept mois de la présidentielle, cette défaite sonne comme un très mauvais signal pour le président Nicolas Sarkozy. Samedi aura lieu l'élection du président du Sénat et une majorité de gauche devrait se traduire par un président de gauche.

Le Sénat à gauche: la presse évoque un "séisme" en forme de camouflet pour Sarkozy



Le Sénat à gauche: la presse évoque un "séisme" en forme de camouflet pour Sarkozy



Martine Aubry et François Hollande applaudissent le discours de Jean-Pierre Bel le 25 septembre 2011 à Paris Thomas Samson AFP10
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Les éditorialistes de la presse nationale et régionale évoquent lundi la victoire "historique" de la gauche au Sénat, estimant que ce "séisme" constitue un "camouflet personnel" pour Nicolas Sarkozy à sept mois de la présidentielle.

"L'événement est évidemment historique puisque la haute Assemblée était depuis cinquante-trois ans propriété du centre et de la droite", reconnaît Paul-Henri du Limbert dans le Figaro. "A sept mois du premier tour de l’élection présidentielle, ce basculement aura évidemment des conséquences sur la campagne électorale."

"Même si le terme peut sembler étrange accolé aux ors du Palais du Luxembourg et à la légendaire placidité des sénateurs, il s’agit bien d’un séisme", écrit Nicolas Demorand dans Libération. "Pour la droite, c’est d’ores et déjà une sanction électorale et surtout symbolique", tandis que la gauche peut y voir "un espoir".

L'Humanité va crescendo en relevant, sous la plume de Jean-Paul Piérot, que "les défenses qui maintenaient jusqu'alors le Sénat hors d'atteinte des effets du mécontentement populaire ont cédé". Pour l'éditorialiste du quotidien communiste, "le désaveu est cinglant pour un chef de l'Etat en quête de réélection."

Michel Urvoy (Ouest-France) parle d'un "coup de semonce" et "un coup au moral pour le parti majoritaire". "Même la victoire de Pierre Charon, à Paris, est un désaveu pour Nicolas Sarkozy qui venait de remercier son conseiller", souligne-t-il. "Chez les élus locaux aussi, l'antisarkozysme s'est durci au fil du temps."

Pour Jean-Michel Helvig (La République des Pyrénées), les 70.000 grands électeurs "ont traduit l'humeur des Français inquiets de l'avenir économique, indignés du manque d'équité dans la répartition des efforts face à la crise, troublés par les scandales politico-financiers qui percent au niveau judiciaire..."

"Autant qu’une victoire de la gauche, c’est aussi une défaite et un camouflet personnel pour Nicolas Sarkozy", martèle Yves Harté dans Sud-Ouest. Cette élection "historique" indique "combien des élus issus de la France profonde, méprisés et malmenés, ne se reconnaissent plus ou pas dans ce président de la République et dans la politique qu'il prétend incarner."

"Nicolas Sarkozy a sa large part dans cette déroute dont il voudrait se dédouaner", renchérit Jacques Camus dans La République du Centre. Et Xavier Panon (La Montagne) de tirer une nouvelle salve: "ce nouveau désaveu électoral, dans la longue série de son désamour national, fera ressentir ses répliques jusqu’à la présidentielle".

Emmanuel Caloyanni (Le Courrier de l'Ouest) résume le sentiment de ses collègues en s'interrogeant ouvertement: "Président-candidat, Nicolas Sarkozy peut-il se remettre de ce nouvel échec électoral, qui est aussi et surtout le sien ?"

Sénatoriales : victoire historique de la gauche !

























Sénatoriales : victoire historique de la gauche !



C'est une première dans l'histoire de la cinquième République. La gauche est majoritaire au Sénat. Photo DDM 126
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La victoire est historique. Les socialistes n'ont cessé de le rappeler hier soir. Pour la première fois, la gauche a remporté la majorité au Sénat. Sans même attendre le résultat des Antilles dans la nuit, les jeux étaient faits vers 18 h 30 au terme d'un scrutin qui est resté incertain tout l'après-midi. « Pour la première fois, le Sénat connaît l'alternance », a déclaré, très ému, le patron des sénateurs PS, Jean-Pierre Bel. Alors que tous les résultats n'étaient pas encore parvenus, il a annoncé que la gauche avait déjà « 175 sénateurs», et avait donc conquis les 23 sièges supplémentaires lui permettant d'obtenir la majorité absolue. Avec 10 élus (4 auparavant), les écologistes ont également progressé et pourraient créer leur propre groupe.

À sept mois de la présidentielle, cette défaite de la droite est un nouveau coup de semonce pour Nicolas Sarkozy. D'autant que l'élection des dissidents de l'UMP comme Charron à Paris et Gautier dans les Hauts-de-Seine constitue un camouflet cinglant pour le Président. François Hollande, candidat à la primaire PS, a vu dans la défaite de la droite « une décomposition du système Sarkozy », « prémonitoire » pour 2012. « La gauche en rêvait, Sarkozy l'a fait », ironisait un membre d'un cabinet ministériel en évoquant la victoire de l'opposition. Dans de nombreux départements, la poussée de la gauche est incontestable. Au-delà de la conséquence logique de ses victoires lors des élections locales depuis 2007, elle marque un rejet du parti présidentiel. La droite a perdu des départements qu'elle détenait depuis pratiquement toujours comme la Lozère. Elle a pâti de ses nombreuses divisions et d'une forte grogne des élus locaux qui ont mal accueilli la réforme territoriale et le regroupement des communes menés à marche forcée par les préfets.

Deux ministres ont été élus (Gérard Longuet et Chantal Jouanno), un autre, Maurice Leroy a été battu. Les deux premiers devront absolument quitter leur fonction gouvernementale s'ils veulent accroître les chances de succès de Gérard Larcher à la présidence du Sénat. Sarkozy devrait donc procéder à un mini-remaniement gouvernemental dans les prochains jours, au moins pour remplacer Longuet à la Défense.

Le dernier acte de ces sénatoriales se déroulera samedi avec l'élection du président. Le socialiste Bel fait figure de favori, mais Larcher n'a pas dit son dernier mot.




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Présidence : le duel Larcher-Bel
Larcher-Bel, c'est le duel auquel on devrait assister samedi pour la présidence du Sénat. En quelque sorte le troisième tour de scrutin. Il sera tout aussi disputé que ceux des grands électeurs. Gérard Larcher l'a annoncé immédiatement après avoir enregistré la défaite de la droite : il sera candidat à sa réélection à la tête de la Haute Assemblée. Théoriquement, il devrait être battu en raison du nouveau rapport de forces qui s'est instauré depuis hier soir. Mais au Sénat, la logique arithmétique n'équivaut pas toujours à la logique politique car les relations personnelles et le poids des partis charnières jouent un rôle plus important qu'à l'Assemblée. « La majorité sénatoriale est plus large que la majorité partisane », affirme Jean-Pierre Raffarin. En clair, Gérard Larcher serait en mesure de braconner des voix au-delà des terres de l'UMP et des centristes pour conserver sa présidence. C'est ce que veut croire la droite. En fait, il ne lui reste pas d'autre argument auquel se raccrocher pour espérer sauver le soldat Larcher et, par là même, la présidence. Autant dire que les tractations seront âpres toute cette semaine dans les couloirs du Sénat alors que la droite a montré qu'elle était affaiblie.

Désormais, c'est l'Ariégeois Jean-Pierre Bel qui part favori pour la présidence du Sénat. Président du groupe socialiste, il est le candidat naturel de son parti et devrait rallier à lui les suffrages de l'ensemble de l'opposition qui ne devrait pas laisser passer cette occasion historique de faire basculer totalement le Sénat à gauche. Bel devra donc discuter tout au long de cette semaine avec les partenaires du PS, à savoir les Verts, le PC et le RDSE qui groupe les radicaux de gauche entre autres. Mais il pourrait voir se dresser parmi les rangs sénatoriaux socialistes une candidature rivale. Catherine Tasca, ancienne ministre de la Communication, n'a pas manqué ces derniers temps d'affirmer de telles ambitions. Bref, c'est une semaine sous pression que devrait vivre le Sénat jusqu'à samedi. Et l'on n'est pas à l'abri d'un nouveau rebondissement, même s'il semble difficile à Larcher de renverser la vapeur.

J.-P. B.


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L'Ariégeois au pied du plateau
A 60 ans, cet élu ariégeois est en passe de devenir président du Sénat. Issu d'une famille tarnaise de Lavaur ancrée à gauche, il abandonne son parcours universitaire en 1978 pour suivre son épouse en Ariège, dans le canton de Quérigut. En 1983, il devient maire de Mijanès alors que son beau-père, Robert Naudy, est conseiller général de Quérigut (1975-85). En 1986, Jean-Pierre Bel rejoint le cabinet de son beau-père devenu président du Conseil général de l'Ariège. Il y est chargé des affaires juridiques et de la communication.

En mars 1998, il enlève le canton de Lavelanet dont il sera maire le temps d'un mandat. Il prend du galon au PS dont il est le secrétaire national aux fédérations de 1994 à 1997 puis, de 1997 à 2000 aux élections. Élu sénateur de l'Ariège en 1998, il entre au bureau du Sénat en 2001. Il y est l'un des quatorze secrétaires.

Élu à la présidence du groupe socialiste en septembre 2004 à la suite de Claude Estier qui ne se représentait pas, il est reconduit en en 2008. Élection facilitée par son appartenance au courant Hollande largement majoritaire parmi les sénateurs. Habile à la manœuvre, il « aime déléguer » et l'on parle volontiers au palais du Luxembourg de « la bande à Bel », largement constituée de sénateurs du Sud-Ouest. Père de trois filles dont deux issues de son premier mariage, il prend soin de sa ligne, se montre affable et réservé mais manifestait hier sa joie sans retenue. F.C


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La gauche gagne trois sièges dans le Grand Sud
La poussée de la gauche s'est également traduite concrètement dans le Grand Sud. État des Lieux.

Hautes-Pyrénées .

Un 2e tour pour Josette Durrieu. Dans un département bien ancré à gauche, les deux sièges octroyés aux Hautes-Pyrénées s'enlèvent traditionnellement au premier tour. C'est ce qu'il est advenu pour le sénateur sortant, François Fortassin (PRG), réélu hier matin dès le premier tour. Mais pour celle qui lui a succédé à la présidence du conseil général, la socialiste Josette Durrieu, la réélection a été un peu plus difficile. Elle a été mise en ballottage par le maire de Tarbes, Gérard Trémège (UMP), qui la talonnait alors d'une cinquantaine de voix. Il a fallu recourir à un deuxième tour ainsi qu'à l'aide des radicaux qui ont appelé leurs élus au nécessaire rassemblement pour que Josette Durrieu soit finalement réélue avec quelque 58 % des suffrages.

Lot-et-Garonne.

La droite perd un siège. Pierre Camani (PS) et Henri Tandonnet (Union centriste) sont les deux nouveaux sénateurs du Lot-et-Garonne. Ils succèdent à Daniel Soulages (Union centriste) et Jean François-Poncet (UMP) qui ne se représentaient pas. Le premier est élu avec 493 voix, le second avec 492 voix. La faiblesse de l'écart en dit long sur l'épisode politique historique qui s'est joué hier dans le Lot-et-Garonne. Depuis 2008, la gauche ne cesse de gagner du terrain politique dans un département longtemps tenu par la droite et le centre, qui résiste beaucoup mieux que l'UMP dont le candidat Alain Merly a fini hier en troisième position.

Lot.

Un scrutin sans surprise . L'élection sénatoriale dans le Lot ne présentait pas de suspense. Un seul tour a suffi. Le ticket PS-PRG a fonctionné à plein. Gérard Miquel, sénateur (PS) sortant, obtient 68,23 % (423 voix) des voix, juste devant le conseiller général (PRG) de Martel, Jean-Claude Requier, qui réalise 64,35 % (399 voix). Le front de gauche (plus de 15 %) devance la candidate UMP qui s'effondre.

Pyrénées -Orientales.

La gauche emporte un siège. Les sénatoriales catalanes ont tenu toutes leurs promesses en matière de suspense. La majorité présidentielle qui détenait les deux sièges en a perdu un dans un climat d'extrême crispation. Au premier tour, Christian Bourquin, président de la Région (DVG, exclu du PS) l'a emporté largement : 580 voix (503 pour l'UMP Calvet et seulement 470 pour le sortant Alduy du Parti Radical valoisien). Mais quand il a été question des arrangements politiques pour le second tour, le sénateur sortant Jean-Paul Alduy a refusé de se retirer au profit du candidat UMP, au risque de faire élire un deuxième sénateur de gauche. Et les coups de téléphone lancés de Paris, voire de l'Élysée, n'ont pas réussi à le faire changer d'avis. C'est donc François Calvet qui a été élu sénateur au second tour avec 463 voix. « Je réalise un score bien au-delà du périmètre habituel de la gauche car 75 % des élus sont de droite ou de centre-droit. Je porterai la parole de la République des maires. Aujourd'hui, avec ce résultat, le Sud, le Languedoc-Roussillon, se place au cœur de la politique française. La boussole indique clairement le Sud. Il faut que Paris tienne compte de ce nouveau paramètre » a lancé Christian Bourquin qui est toujours exclu du Parti socialiste mais qui siégera au Sénat dans le groupe PS.

Pyrénées -Atlantiques

L'UMP perdante. Le parti de la majorité est le grand perdant dans ce département. Le PS compte maintenant deux sénateurs, Frédérique Espagnac et Georges Labazée, le MoDem garde un siège, remporté par Jean-Jacques Lasserre.




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L'euphorie au palais du Luxembourg
« Pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, le Sénat va connaître l'alternance », déclare Jean-Pierre Bel, entouré de Martine Aubry et de François Hollande.

Il est 19 heures. Une forte acclamation salue cette déclaration espérée depuis le début de l'après-midi. La gauche sait qu'elle a gagné.

Face aux caméras, elle proclame sa victoire et la savoure. Tout ce qu'elle compte de supporters ainsi que la presse au grand complet s'est rassemblé autour d'elle.

Ce ne sont que visages réjouis et congratulations Elle était tant attendue, tant espérée cette victoire ! Dès la fin de la matinée, les sénateurs de droite comme de gauche non renouvelables présents au palais du Luxembourg attendaient les résultats du premier tour uninominal avec fébrilité.

À midi, le premier résultat qui tombe est celui du Loiret, un département traditionnellement marqué à droite : réélection dès le premier tour du sortant PS, Jean-Pierre Sueur, suivie peu après, dans le Morbihan, de celle de la sortante Odette Herviaux, PS, tous deux donnés comme des sièges perdus.

Ces résultats retentissent comme un signal. « On sent une lame de fond. Les élus locaux en ont ras le bol ».

À gauche on se montre prudent, à droite circonspect. Aymeri de Montesquiou se rassure avec un « il faut attendre ». Mais les victoires se succèdent, toujours à gauche dans les Pyrénées-Orientales, en Lozère, département rural, bastion de la droite. Plus rien n'arrête la vague rose, elle déborde du Sénat et s'étale dans les télés.

« C'est une claque pour Sarkozy », répète la gauche. La droite se tait et cherche déjà à minimiser les dégâts.

Françoise Cariès



Vidéo: Sénatoriales: satisfaction de François Hollande et Martine Aubry http://videos.ladepeche.fr/video/iLyROoaf2q6d.html

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Les réactions
L'Elysée « prend acte ». Dans une courte déclaration, la présidence de la République «a pris acte des résultats du scrutin sénatorial, qui est la conséquence de la progression de la gauche aux élections locales intervenues depuis 2004». Gérard Larcher s'interroge. L'actuel président du Sénat Gérard Larcher a annoncé sa candidature à sa propre succession. «La majorité sénatoriale, celle d'hier, n'avait pas les contours de la majorité présidentielle. Celle d'aujourd'hui a-t-elle celle du Parti socialiste?»

Pécresse «regrette». Porte-parole du gouvernement et ministre du Budget, Valérie Pécresse «regrette» la victoire de la gauche, mais estime que ce revers pour la majorité ne créera pas de «blocage» pour l'action du gouvernement.

François Fillon attend 2012. Dans un communiqué, le Premier ministre a «pris acte d'une forte poussée» de l'opposition, «accentuée par les divisions de la majorité», et «appelé au rassemblement de tous les élus qui se reconnaissent dans les valeurs de la majorité présidentielle. Le moment de vérité aura lieu au printemps prochain. Ce soir, la bataille commence».

Patrick Ollier : «mathématique ». Le ministre chargé des relations avec le Parlement a estimé qu'il «n'y a pas de poussée de la gauche. Le résultat est mathématique, cela aurait pu être pire». «Mais je ne vais pas vous dire que je suis content», a-t-il concédé. Interrogé sur la possibilité pour Gérard Larcher de garder son poste, Patrick Ollier a déclaré vouloir «attendre samedi». Jean-François Copé «déçu». Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a estimé que la «défaite» de la droite constitue «une déception mais pas une surprise». Il avertit : «C'est au troisième tour que se dessinera vraiment la majorité sénatoriale» avec l'élection du président du Sénat. Jean-François Copé a aussi déclaré, à l'intention des socialistes, que l'interprétation à donner de ce scrutin «ne constitue en rien un désaveu de la politique gouvernementale : les vrais rendez-vous, ce sont ceux de l'année prochaine, la présidentielle et les législatives, où là, c'est la totalité des électrices et des électeurs qui seront invités à se rendre aux urnes».

François Hollande salue «le moment».

Le candidat PS à la primaire citoyenne déclare : «Nicolas Sarkozy sera le président de la République de droite qui aura perdu la majorité au Sénat». Ajoutant : «Je salue un moment très important parce que cela va donner au prochain président de la République, s'il est de gauche, une majorité avec laquelle il pourra travailler, c'est la première fois». Martine Aubry se réjouit. Pour la candidate PS à la primaire citoyenne, «c'est un échec pour le président de la République. L'UMP recule partout», s'est félicitée Martine Aubry. «Pour nous, cette victoire vient de loin, a-t-elle ajouté, elle remonte «à la victoire aux élections municipales en 2008». Selon elle , les grands électeurs «ont voté avec la même exaspération que les Français devant la République abîmée». Ségolène Royal salue la «victoire» . La candidate PS à la primaire citoyenne a déclaré que lLe résultat marque un très profond rejet par les élus locaux de la politique injuste et inefficace du système sarkozyste qui plonge le pays dans l'une des pires crises économiques et morales qu'il ait connue».

Jean-Michel Baylet est ravi. Pour le candidat PRG à la primaire citoyenne, «il y a la réalité de la majorité de la gauche au Sénat. Les radicaux en sont ravis. Le groupe RDSE au Sénat comprend des radicaux de gauche et des radicaux de droite; ceux de droite feront ce qu'ils voudront. Nous, nous voulons confier la présidence du Sénat à la gauche». Cécile Duflot parle de «double victoire». La secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts a salué «une double victoire : celle de la bascule envisageable, jamais aussi probable de la majorité au Sénat, et celle d'une vraie victoire pour les écologistes», avec au moins neuf sénateurs et sénatrices». Martin Malvy évoque «une leçon». Pour le président socialiste de la Région Midi-Pyrénées, il y a «confirmation en Midi-Pyrénées et progression pour la gauche, avec dans le Lot notamment, où la candidate UMP ne recueille même pas 15% des suffrages. C'est une leçon sévère pour la droite. Les électeurs ont non seulement voulu sanctionner Nicolas Sarkozy, mais dénoncer les différentes réformes qui ont frappé les collectivités locales».



Vidéo : Sénatoriales: victoire historique de la gauche

Le Sénat bascule à gauche, avertissement pour la droite à sept mois de la présidentielle



Le Sénat bascule à gauche, avertissement pour la droite à sept mois de la présidentielle



Le président du groupe socialiste au Sénat Jean-Pierre Bel (C) le 25 septembre 2011 Thomas Samson AFP24
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Le scrutin sénatorial de dimanche a fait basculer le Sénat à gauche, pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, une victoire historique en forme de sévère avertissement pour le camp de Nicolas Sarkozy à sept mois de la présidentielle. Evènement

"Pour la première fois, le Sénat connaît l'alternance", a déclaré, très ému, le chef de file des sénateurs PS, Jean-Pierre Bel, qui pourrait succéder dans six jours à Gérard Larcher (UMP) à la tête de la Haute assemblée.

Alors que tous les résultats n'étaient pas encore parvenus, M. Bel a annoncé que la gauche avait déjà "175 sénateurs, c'est-à-dire au-delà de la majorité absolue". "Le changement est en marche", a-t-il ajouté.

L'Elysée a très vite "pris acte" des résultats tandis que François Fillon appelait ses troupes à se ressaisir pour la présidentielle de 2012. "Le moment de vérité aura lieu au printemps prochain. Ce soir, la bataille commence", a-t-il dit dans un communiqué.

Chez les socialistes, les candidats à la primaire ont vu dans ce nouveau succès électoral après ceux des régionales et des cantonales, un signe "prémonitoire" pour 2012 (François Hollande), "un échec pour le président de la République" (Martine Aubry), ou encore "une rébellion des territoires et des populations abandonnés par l'Etat" (Arnaud Montebourg).

A sept mois de la présidentielle, il s'agit de fait d'un très mauvais signal pour le président Nicolas Sarkozy, déjà en difficulté sur le double front de la crise économique et des affaires politico-financières

Première victime du vote des grands électeurs : la fameuse "règle d'or" de retour à l'équilibre budgétaire que Nicolas Sarkozy voulait inscrire dans la Constitution. "C'est mort", a concédé un cadre de la majorité. Avec le basculement du Sénat, le gouvernement a perdu toute chance de réunir une majorité des trois cinquièmes des députés et sénateurs.

De manière générale, "sur le plan législatif, la gauche aura les moyens de retarder l'adoption des textes, de faire savoir haut et fort son opposition", a commenté le politologue Olivier Rouquan (Sciences Po). L'examen cet automne du budget 2012 pourrait en être une illustration.

"Cette défaite est essentiellement une défaite de l'UMP due au sectarisme de ses dirigeants", a fustigé Dominique Paillé (Parti radical). Côté calculs, Laurent Hénart, lui aussi du parti de Jean-Louis Borloo, s'est réjoui de la progression des candidats de la confédération centriste (PR et Nouveau centre) dans ce "contexte très difficile pour la majorité sortante".

Samedi aura lieu l'élection du président du Sénat et une majorité de gauche devrait se prononcer pour un des siens.

Catherine Tasca devrait tenter sa chance face à Jean-Pierre Bel, qui théoriquement devrait succéder au perchoir à M. Larcher. Mais celui-ci a annoncé qu'il se représentait. Le sénateur UMP Jean-Pierre Raffarin veut croire que "rien n'est joué" pour cette dernière partie.

Toute la journée, des résultats sévères pour la majorité sont tombés. Le ministre de la Ville, Maurice Leroy, battu; un 8e siège gagné par la gauche à Paris où l'UMP ne détient plus que deux sénateurs; un gain d'un siège pour la gauche dans le propre département du président UMP du Sénat Gérard Larcher, ainsi que dans le Loiret, en Isère, Nord, Pas-de-Calais, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Oise, Manche, Pyrénées-Orientales...

"Plus que deux sénateurs UMP à Paris, c'est une défaite historique et politique", s'est réjouie Anne Hidalgo, 1e adjointe PS au maire de Paris. Pierre Charon, suspendu de l'UMP pour dissidence et malgré tout élu, a promis d'être fidèle au chef de l'Etat.

Avec 10 élus (4 auparavant), les écologistes ont particulièrement progressé et pourraient créer leur propre groupe.

La réélection dès le premier tour dans le Loiret, traditionnellement à droite, du PS Jean-Pierre Sueur avait constitué un des premiers signaux du succès de la gauche à la mi-journée. Dans la foulée, la victoire dans les Pyrénées-Orientales du président du Languedoc-Roussillon, le "frêchiste" Christian Bourquin, confirmait la tendance.

La droite a perdu des départements qu'elle détenait depuis pratiquement toujours comme la Lozère. Dans le Morbihan, contre toute attente, la gauche a remporté les trois sièges.

Il s'agit d'"une progression historique pour la gauche et une sanction incontestable pour l'UMP", a déclaré Harlem Désir (PS) au Sénat, où les propos de Jean-Pierre Bel ont déclenché une explosion de joie dans les rangs socialistes, ponctuée de "On a gagné, on a gagné!".

Cette victoire est particulièrement favorable pour François Hollande --qui s'est déplacé au Sénat ainsi que sa principale rivale de la primaire Mme Aubry--, car une grande majorité de sénateurs PS se sont prononcés en faveur du député de Corrèze.

"La gauche progresse partout, on sent une lame de fond", a affirmé le secrétaire national du PS chargé des élections, Christophe Borgel, qui a mis en garde contre d'éventuels débauchages par la droite samedi prochain pour l'élection du président.

Consolation pour le camp présidentiel: les ministres Gérard Longuet (Défense) et Chantal Jouanno (Sport) ont été élus.